25/11/2012

BHL à Genève... Plus d'agents de police que de public

BHL a Genève… Plus d’agents de police que de public.

Vendredi soir 23, dans le cadre des ateliers de lectures du Théâtre des Salons, ce dernier a jugé opportun d'inviter Bernard Henri-Levy a faire une lecture des "Fleurs du mal" de Baudelaire. (Autant nous pouvons contester la légitimité de ce triste personnage à lire cette prose, autant elle trouve, ici, toute sa pertinence.)
Et cela à l'heure ou Israël vient de se livrer a une forme de pilonnage assassin qui aurait dû scandaliser la communauté internationale.
Philosophe milliardaire de pacotille sans doute au bout du rouleau et qui ne déplace plus que quelques fans inconditionnels (Il m'a semblé apercevoir Arielle Dombasle). Mais qui par contre joue d'une considérable influence et d’une oreille attentive auprès des tout grand de notre monde, Juppé, Sarkozy, Netanyahou, et maintenant Hollande, pour ne citer qu'eux


Bernard Henri-Levy, sioniste extrémiste convaincu et viscéral, qui n'hésite pas à déclarer "Le printemps arabe est bon pour Israël" ou encore "Mon lien a Israël est inconditionnel"... qui n'hésite pas à s'impliquer activement et politiquement pour une frappe militaire contre la Lybie et qui, par ailleurs, l'obtient... Qui n'hésite pas a jouer de toute son influence afin de pousser la France et l'OTAN a procéder a une intervention militaire massive en Syrie, et qui sans aucun doute a contribué à l'armement par l'OTAN, des milices salafistes et islamistes proches, ou membres, d'Al Qaida ... Et qui en dernier lieu n'hésite pas, a prendre la défense de la politique d'extrême droite et guerrière du gouvernement de l'état d'Israël... 

Bernard Henri-Levy, qui déclare fièrement "Je n'aime pas la guerre, mais elle est nécessaire..."

La guerre sans l'aimer... 

En l'occurrence chacun appréciera cette guerre chirurgicale contre la Palestine, guerre sans doute nécessaire selon BHL... Nécessaire à l'encontre du "terrorisme" palestinien, actes de désespoirs d'un peuple castré, spolié, parqué, et qui a l'outrecuidance de se défendre avec des pierres, et quelques roquettes, qui par ailleurs, peinent terriblement, en terme d'efficacité militaire, a atteindre des cibles en Israël ... En effet 3 morts en territoire Israélien, 3 morts de trop sans doute (il sera utile de l'ajouter) ...  Mais une attaque qui sonne, néanmoins, comme une réponse maladroite à l'assassinat du responsable du Hamas, Ahmad Jaabri, qui était d’ailleurs selon des sources de renseignements avisées, un activiste qui s’employait a la paix avec Israël… 

Avec la séquence ci-après, nous apprécieront, cette guerre chirurgicale et ciblée, si indirectement défendue par monsieur BHL et qui démontre toute la disproportion de la réponse Israélienne …

Palestine. BHL.recadree.jpg

Cette séquence, image de manière douloureuse, l’assassinat  (parce que finalement il s’agit bien de cela) d'enfants, de femmes, et d'innocents...

L'opération "PIlier de défense" dernière intervention en date, a fait pas loin de 200 morts selon la plupart des sources, dont une trentaine d'enfants en bas âge, et environ 40 femmes... Sans oublier les 1500 blessés !
Les hommes morts étant d'office considérés comme de vils combattants du Hamas, chacun doit ainsi comprendre que tous les hommes vivant en Palestine sont d’affreux terroristes, les travailleurs, artisans, et simples pères de familles n’existent pas. 

(Par ailleurs sur la séquence vidéo, nous constateront de manière évidente, l'utilisation de phosphore blanc dans les bombardements Israéliens, pourtant interdit par le droit international, celui-ci entraîne en effet des blessures atroces ou une mort lente par brûlure, et ne peut être conscrit uniquement par du personnel spécialisé et formé, il est vivement condamné par le CICR, dans le cadre d'utilisation a des endroits a concentration civile, ce qui est bien entendu le cas de Gaza )

Après cette mise en lumière des événements, j'en arrive (malgré la gravité du conflit) à la phase cocasse !

Un groupe de citoyen scandalisé de la venue de BHL à Genève, me contacte et me fait part de sa volonté d'organiser une marche symbolique, silencieuse et humoristique, a proximité du Théâtre des salons.
Ils m'exposent leur intention de faire une sorte d'happening non violent et furtif, mais me font part de leur crainte d'une répression injustifiée.
Sans pour autant leur apporter mon soutien, je leur assure néanmoins ma présence d'observateur attentif.

En l'occurrence je me rends vers 19h30, ce vendredi, a proximité du théâtre des Salons, j'y constate une très forte présence policière. Plusieurs dizaines d'agents en civils et uniformes. Ils bloquent tout les accès de proximité, et procèdent par ailleurs a de multiples contrôles, l'activité est fébrile, et l'on sent un danger imminent ! 

Peu après mon arrivée, et de multiples contrôle individuels, ils interceptent une dizaine d'individus non identifiés, qui n'avaient a fortiori commis aucune infraction, ils seront correctement rangés contre le mur du temple qui fait face au théâtre, fouillés et dûment contrôlés pendant 30 minutes.
Peu après 20h00 les personnes de contacts m'appellent et me signalent être de l'autre côté de la plaine de Plainpalais, ou je me rends aussitôt, bien qu'intercepté a trois reprises par des dealers souhaitant me vendre d'illicites substances, j'y arrive néanmoins.
Une fois sur place ceux-ci me communiquent vouloir simplement défiler en procession le long du trottoir, en tenant en main un ananas, hommage a Dieudonné Mbala Mbala qui a été un des premier, selon eux, a dénoncer le va t'en guerre BHL, ils me confirment souhaiter un happening sans violence, sans revendications, et humoristique.

Accompagné d'un cameraman qui va filmer, la petite troupe d'une quinzaine d'individus se met en marche et traverse la plaine, non sans être freinée à plusieurs reprises par des individus souhaitant leurs vendre, a nouveau, d'illicites substances. ("Commerce" visiblement très florissant a Genève.)

Arrivé sur le trottoir de la rue Bartholoni, la petite troupe se met silencieusement et presque religieusement en procession, et défile le long de la rue, sans slogan, sans éclats de voix, sans revendications, véritable défilé d’ananas, elle sera peu après, immédiatement interceptée par des agents en civils fébriles, ceux-ci exigent la remise immédiate des pièces d'identités de tous, et les emportes je ne sais ou, ils parquent tout ce petit monde vers le temple, en face, s'ensuit une confiscations des ananas, un contrôle minutieux des identités, ainsi qu'une fouille approfondie par une dizaine d'agents en uniforme... L'opération terminée, d’une durée de trente minutes environ, chaque individu est sommé de partir dans des directions différentes et a 2 minutes d'intervalle. 

Prenant conscience de la situation d'insécurité de notre ville, ou des centaines de dealers et voleurs à la tire s'activent sans véritable inquiétude policière (Sans vouloir blâmer ces derniers qui font sans doute selon leurs moyens) je m'interroge de l'opportunité d'un tel déploiement de forces de polices, pour la venue d'un individu d'une si triste envergure. 
J'imagine qu'il s'agit sans doute d'une consigne politique de haut lieu. "Surtout aucune vague lors de la venue de monsieur BHL, mettez y tous les moyens policiers nécessaire" ...

Les citoyens apprécieront, sans doute, les priorités de notre état.

Laurent Leisi 

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(Photo et montage, auteur anonyme)